La guerre 14-18 à Chimay



Compte rendu de la conférence donnée le 21 novembre 2018 par Samuel Losange


Recherche d’informations dans les archives communales par les élèves du CES St-Joseph, encadrée par Samuel Losange, professeur d’histoire.

Le contexte général

  • Deux blocs avec des intérêts évidemment opposés : France, Angleterre, Russie d’une part et Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie d’autre part. Dans la conjoncture de manque d’espace, la Serbie est au centre des convoitises de l’empire austrohongrois (Drang nach osten) et de la Russie qui cherche à atteindre la Méditerranée (débouchés économiques).
  • À partir de 1910, la course aux armements est engagée entre les grandes nations occidentales : Allemagne, France, Angleterre. Les nationalismes agressifs prennent le pas sur les intérêts économiques.
  • L’élément déclencheur de la guerre sera l’assassinat par un Serbe nationaliste de l’Archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire d’Autriche-Hongrie ; il s’en suivra une  succession de déclarations de guerre : de l’Autriche à la Serbie fortement soupçonnée, de l’Allemagne à la Russie, protectrice de la Serbie, de l’Allemagne à la France, alliée de la Russie et à la Belgique, territoire de transit et enfin de l’Angleterre à l’Allemagne. Ensuite, des ralliements divers verront le jour…. En quatre ans, 60 déclarations de guerre !

Les premiers moments de la guerre

Les quinze premiers jours de guerre en Belgique furent terriblement violents (Louvain, Dinant…). Plus d’un million et demi de Belges partent en exil principalement vers les Pays-Bas et le Nord de la France.

Chimay fut plutôt épargnée de ces violences mais des mesures vexatoires furent prises (exemple l’interdiction de rassemblement de plus de trois personnes). À Chimay, l’exode fut aussi important : plus de 134 ménages évacuèrent.

L’alimentation fut d’emblée le problème crucial. Les prix furent fixés par les autorités communales et les exportations furent interdites. Un appel à l’aide des notables fut lancé
pour résoudre des problèmes divers de gestion. De nombreuses réquisitions eurent lieu dans tous les domaines.

Le Ravitaillement

  • Un Comité National de Secours et d’Alimentation est créé et il existe des sections locales dans les communes. À ce Comité s’ajoute l’aide américaine à savoir la « Commission for relief in Belgium » dont le siège est à Londres et dirigée par Herbert Hoover, futur Président des USA. Ceux-ci pratiquent une politique isolationniste impliquant le non-interventionnisme militaire et n’assurant que l’aide économique. Un Comité hispano-belge fonctionnait également
  • Le transport des marchandises était cautionné et contrôlé par les Allemands. Des passavants permettaient d’aller chercher de la nourriture. Suite au retrait de la Société Lloyd, ce sont les assurances Vander Elst de Charleroi qui couvrirent les risques.
  • Au niveau de la distribution, il existait par exemple des cartes de sucre, de pain, etc Tout est bien organisé et contrôlé. Malgré cela, les réquisitions et les « accapareurs » altéraient le ravitaillement. Divers documents consultés indiquent par communes les quantités de charbon allouées ou mettent en évidence le contrôle drastique des épiciers ou encore le fonctionnement persistant de la médecine sous contrôle allemand, évidemment. Le manque de viande est important (voir demande pour abattre une génisse). Enfin, quelques personnes ou organisations ont abusé et bien profité de la situation et ce, dès le début de la guerre. Par contre, certains comportements témoignaient d’une haute valeur morale (voir document montrant une liste de fermiers qui s’engageaient à ne déclarer que ce dont ils avaient besoin !)

L’occupation

  • Tout était germanisé (l’heure, l’argent, …). Les recensements étaient nombreux et fréquents notamment les étrangers et surtout les gens sans travail pour les envoyer
    vers le travail forcé.
  • Il y eut bien sûr pas mal d’arrestations. À ce sujet, notons qu’en cas d’absence du mari, l’épouse pouvait percevoir une rente. De plus, les épouses se mobilisaient parfois pour faire revenir leurs maris. Les réquisitions de matériel étaient monnaie courante. Un exemple parmi tant d’autres : une machine à vapeur à l’Abbaye de Scourmont.
  • Le recensement des cultures était permanent : la quantité de production était très identifiée grâce aux contrôles de l’occupant. Cela servira aussi pour calculer ce que
    l’on allait faire payer aux Allemands après la guerre. Relevons aussi que dans le Sud du hainaut, les fermiers transmettaient de fausses informations : ils ne déclaraient pas tout ! Durant toute l’occupation, le couvre-feu est de rigueur.

Les destructions

Mettons en exergue celles du château de Beauchamp et du pont sur l’Eau Blanche. De plus, une partie de notre forêt fut détruite (par ex l’abattage des noyers en vue de fabriquer des crosses de fusil). Notons aussi qu’un avion allemand s’est écrasé sur une maison à Villers-la-tour. Un livre relatant cet évènement vient de sortir (Les Géants de Morville – Nicolas Clinaz).

La mort et la mémoire

Il sera successivement question

  • d’un monument aux Morts pour les soldats allemands dans le jardin de M. Deltombe,
  • d’un document montrant le cortège d’un enterrement allemand en provenance de l’actuel Institut Notre-Dame (qui était un hôpital en 14-18),
  • d’un vitrail commémoratif au CES St-Joseph, sorte d’inventaire des morts ayant donné lieu à des fiches identitaires rédigées par les élèves actuels,
  • de la consultation sur le net d’un registre des morts de la guerre 14-18,
  • de la fabuleuse aventure que fut la recherche de la tombe du soldat Henri Dufour menée avec succès grâce à l’outil informatique.

Résumé rédigé par Léon Fassiaux sur base de notes personnelles

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