Au fil de l’Oise


Compte rendu de la conférence donnée le 18 décembre 2019 par Françoise Fassiaux



La source de l’Oise à Bourlers est matérialisée par une fontaine circulaire construite en 1962, en schiste ardoisier de l’Escaillère. Le monument est décoré par les armes des villes traversées par cette rivière qui se jette dans la Seine à Conflans-Ste-Honorine, après 330 km. Parcourons-les !

À Hirson, ville des « hérissons », très fréquentée par les Belges, il faut voir la Tour Florentine construite en 1920 comme Tour d’aiguillage – suite au développement de la gare d’Hirson qui fut au début du 20e siècle la deuxième gare de triage française après Paris.

La vallée de l’Oise compte de nombreuses églises fortifiées, lieux où la population se réfugiait en cas d’attaques. À voir notamment, Englancourt et Wimy.

Le château fort des ducs de Guise

Le Familistère de Guise

À Guise, le château fort des ducs de Guise en ruines fut l’une des premières forteresses bastionnées de France. Les Ducs de Guise ont mené la lutte contre les
Anglais lors de la Guerre de 100 ans. Les Guise feront réprimer dans le sang, en 1560, la conjuration d’Amboise. Assassinat du duc François de Guise, le 18 février 1588.

Jean Baptiste Godin, un industriel, transfère, à Guise, en 1846, sa fonderie sur les bords de l’Oise. En 1859, il crée un univers autour de son usine de Guise, le Familistère, en partie musée aujourd’hui. Les ouvriers trouvent sur place tout ce dont ils ont besoin, logements (aménagés de manière moderne), lavoirs, écoles, théâtre. Godin meurt en 1888 et lègue à l’Association ses biens disponibles.

La Fère, a accueilli la première école d’artillerie créée en France par Louis XV en 1719. En 1974, la statue du Zouave du Pont de l’Alma a été confiée à La Fère après avoir
été abîmée par une crue de la Seine. La statue est sur la Place.

Chauny – La ville a beaucoup souffert des guerres incessantes tant au Moyen âge qu’aux Temps modernes. Les deux grandes guerres ne l’ont pas épargnée. Les destructions
des ponts sont récurrentes, ils seront chaque fois reconstruits.

Noyon – Notre coup de cœur, construite dans l’Antiquité sur la via Agrippa de l’Océan sur le tronçon Soissons – Amiens. À voir : la cathédrale Notre Dame en gothique du 12e, son cloître [Fig. 3] , sa bibliothèque aux vieux pans de bois, sa Place du Chapitre.

Le cloître de la cathédrale N.-D. de Noyon

En 641, saint Éloi, trésorier de Dagobert Ier est élu évêque de Noyon. Sur la Place de l’Hôtel de ville, la Fontaine du Dauphin (parce que Louis XVI y a rencontré Marie-Antoinette pour la première fois) témoigne de son importance : Charlemagne y est couronné roi des Francs en 768. Hugues Capet y est sacré roi de France le 3 juillet 987. La vigne y fut longtemps cultivée. L’hôtel de ville, construit de 1485 à 1523, présente, dans ses frises, des sculptures de grappes de raisins. Jean Calvin est né le 10 juillet 1509 à Noyon qui lui a dédié un musée.

L’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp (1129) devint l’un des plus importants monastères cisterciens de la France du Nord. Le nom d’Ourscamp remonte à une vieille légende : saint Éloi, lors de sa construction, aurait réussi à atteler l’ours qui venait de tuer le bœuf chargé de tirer la charrue. Elle subira les méfaits de la guerre de 100 ans et de la Grande jacquerie.

Compiègne – Ville très importante créée autour du château des rois Mérovingiens, elle restera un des séjours préférés des Capétiens. Pendant les guerres de religion, Compiègne resta catholique, fidèle à la royauté. Le château de Compiègne est construit par Louis XV et restauré par Napoléon. Anciennement, il fut résidence des rois de France. Le mariage du premier roi des Belges, Léopold et de Louise-Marie d’Orléans, fille aînée de Louis-Philippe est célébré dans la chapelle du château de Compiègne.
En 1917, le général Pétain y installe son quartier général. Le 11 novembre 1918, en forêt domaniale de Compiègne, dans un wagon, l’Armistice de 1918 est signée entre
la France et l’Allemagne. Dans le même wagon est signé le 22 juin 1944 l’armistice entre la France et l’Allemagne.

Pont Ste-Maxence a longtemps matérialisé la limite du domaine royal des Mérovingiens. Au Moyen âge, la ville possède un pont et un péage qui rapportent beaucoup
d’argent. Pour protéger cette source de richesse, un château est construit en 1016. Mais la guerre de 100 ans et la Jacquerie font de nombreux ravages Un nouveau
pont achevé en 1785, sera démoli lors de la 1
re guerre, reconstruit en 1924, redétruit en 1940. Le pont actuel date de 1949.

Abbaye du Moncel – Fondée en 1309 par Philippe le Bel qui y installe des Clarisses, la branche féminine des Franciscains. La Reine Jeanne souhaite être enterrée dans l’église de l’abbaye qui connaît alors, une grande prospérité et réunit rapidement une fortune considérable. Pour rassembler la rançon du roi Jean II exigée par les Anglais, les religieuses se séparent de leurs richesses.

À la Révolution française, l’abbaye confisquée, est vendue, elle sera démolie en 1795 et vendue, pierre par pierre. En juillet 1984, rachat par des bénévoles : les toitures
(12 000 m
2) sont refaites, en conservant les charpentes d’origine. Aujourd’hui, « Le Club du Vieux Manoir » ouvre l’ancienne abbaye royale au public.

Abbaye de Royaumont fondée par Louis IX, devenu Saint-Louis. En 1228, dès le début, il y aura cent-quatorze moines et une quarantaine de frères convers. En 1233, le roi choisit Royaumont comme sépulture des enfants de la famille royale morts en bas âge. À la guerre de Cent Ans, Royaumont fut pillée et rançonnée. Au XVe siècle, le nombre des moines chute, il ne dépassera plus jamais le nombre de 25. Un violent orage, suivi d’un incendie détruit l’abbaye en 1760. C’est un désastre financier. Les réparations seront financées par une coupe de bois. À la Révolution, la vente aux enchères de l’abbaye comme bien national se déroule en mars 1791 : tout sera éparpillé !

Remarquables : cloître magnifique enserrant un beau jardin, canal conduisant au bâtiment des latrines, vestiges du chœur de l’église.

1 Cloître de l’abbaye de Royaumont

Beaumont/s/Oise, ville créée par Jules César lors de la conquête de la Gaule. L’église St-Laurent domine la vallée de l’Oise.

L’Isle Adam – Patrie du célèbre écrivain Villiers de l’Isle Adam. À voir : le pavillon chinois de Cassan (nom du parc) : une « fabrique de jardin » qui repose sur un socle de pierre – avec un toit en pagode soutenu par un péristyle de 8 colonnes de bois et l’église St-Martin. L’Oise a fait de la ville un lieu de tourisme et de détente.

Le pavillon chinois, Isle Adam

Auvers sur Oise – Très célèbre par les peintres qui y ont séjourné, Pissaro, Cézanne. Très belle église du 12e. Van Gogh y passa la fin de sa vie et y est enterré
avec son frère Vincent.

L’église d’Auvers sur Oise

Pontoise – En 911, suite aux invasions normandes, Pontoise devient rapidement ville frontière et défend les abords de Paris. Les Capétiens, notamment Philippe Auguste
et Saint Louis, font frapper monnaie à Pontoise. Un recensement de 1332 compte 2 150 feux (10 000 habitants) ; c’est une des principales cités du royaume. En 1337, la guerre de Cent Ans ruine la ville (combats et pillages). Louis XIV se réfugiera au château de Pontoise durant la Fronde. Il fait venir le Parlement à Pontoise en 1652. Pendant ce siècle, Pontoise joue un rôle politique, le Parlement de Paris s’y établit à deux reprises, 1720 et 1753. Mais elle ne sera bientôt plus qu’un lieu d’exil, laissant son nom à l’expression péjorative « revenir de Pontoise », signifiant la déconfiture et l’ignorance des évènements parisiens. Le vieux pont sera remplacé en 1891 par un pont métallique, détruit en juin 1940, remplacé par un pont en bois après l’Armistice. L’actuel date de 1948, c’est un pont à deux culées et poutres en acier.

Conflans-Ste-Honorine – Où l’Oise se jette dans la Seine. Ville par excellence de la batellerie et capitale française de la batellerie avec l’importante manifestation qu’est
le
Pardon national. Sainte Honorine est une martyre du 3e siècle dont les reliques emportées dans la fuite devant les Normands, ont abouti à Conflans.
C’est à partir de 1850 que Conflans est devenu une base de mariniers et l’un des points de ralliement de la batellerie européenne.
À voir : la Tour Montjoie, l’église St-Maclou, le château du prieuré devenu le Musée de la batellerie et les quais où stationnent les péniches et les bateaux de plaisance

Les quais et la ville

Le confluent, l’Oise à gauche, la Seine à droite


Françoise Fassiaux

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