L’oppidum de Lompret : comment l’observation de terrain peut conduire à la découverte du 3e rempart


Compte rendu de la conférence donnée le 20 novembre 2019 par Daniel Galoux


 I. Introduction

  • L’oppidum selon Jules César est un site celtique rencontré en Gaule au milieu du 1er siècle avant J.-C. C’est un petit promontoire barré à différencier des villages, des fermes et des très grands sites. En fait, c’est l’éperon rocheux protégé par une boucle de rivière avec un seul accès facile à défendre.
  • Les découvertes archéologiques depuis le paléolithique jusque 1993 (document tableau des découvertes, voir power point).
  • 1872 : découverte du trésor de Lompret (v. courrier de Chimay 1872 – Auguste Malengreau) – 244 Antoniniani + 1 bronze – monnaie de potin ou billon de 50 à 25% d’argent et cuivre.
  • Carte de la Calestienne et de l’Ardenne occidentale : y figurent les oppidums de Lompret, des Hanonets à Couvin, de Presgaux-Cour du Chestia et du Plateau des Cinques à Olly/s/Viroin.
  • Vue de l’oppidum celtique de Lompret : 2.67 ha et des trois autres oppidum

Le conférencier propose ensuite des photos actuelles de ces oppidum pour découvrir « à quoi ressemblent les remparts aujourd’hui. »

II. Le troisième rempart de Lompret – documents

Vue 74 m de long, 0,80 à 0,30 m de haut ; 10 m de large – pas de fossé.

D’autres vues sont proposées : depuis le chemin Est, depuis le chemin Ouest, vue de profil extrémité Est, et aussi le modèle numérique de terrain Lidar la vue de l’accès facile du plateau par l’éperon sud.

III. Le murus gallicus, décrit par Jules César

Ouvrage avec pierres et poutres alternées : pratique adapté à la défense des villes, car la pierre le défend du feu et le bois des ravages du bélier. Celui-ci ne pouvait ni briser, ni disjoindre une charpente où les pièces qui forment liaison à l’intérieur font en général 40 pieds d’un seul tenant (César De bello Gallico, VII, 23).

IV. Les fouilles

1842 (Alfred Bernard et Louis Bayet)

Bernard a envoyé le résultat des fouilles à la Société archéologique de Charleroi. Il a découvert des pointes de fer de 18 à 20 cm de long, des excavations profondes entre les remparts, des crayats ou laitier sidérurgiques, des silex taillés, des débris de vase romain.

1986 (Cohen, Delhaye et Jadin)

Découvertes : la rampe d’accès au rempart (v. document), le parement des pierres sèches, l’assemblage des blocs parallépipédiques, les blocs calcaires du corps du rempart, les sept poutres perpendiculaires et le fossé. Vue du murus gallicus reconstitué schématiquement Il sera ensuite question de la reconstitution de l’environnement à Lompret (-100 BC) grâce à la paléopalynologie (pluie
pollinique – dépôt annuel de 2 000 grains de pollen – dissolution du calcaire – diagrammes polliniques et datation au
14C. Essences d’arbres utilisées par les Celtes pour le murus gallicus :

  • Noisetier, tilleul, aulne, chêne, hêtre, pin, etc.
  • Mais surtout le chêne pédonculé dont la durabilité est très bonne (duramen de plus de 20 ans) et assure ainsi la stabilité de l’oppidum.

Les marchets de Lompret sont-ils des tombes, des amas de pierres, des marques de limites ?

V. La pédo et la phytoarchéologie

Un cas concret en Belgique : la répercussion des formes anciennes d’agriculture sur les sols et la composition floristique dans la forêt de Virelles-Blaimont. À partir de documents intéressants sur les profils de sols, on voit bien les zones non altérées avec beaucoup de tas de pierres qui sont de possibles marchets. Par contre, dans les zones altérées par l’épierrage et l’essartage pour l’agriculture, les tas de pierres peu nombreux ne sont probablement pas des marchets. Dans la zone intacte, on a une forêt dite climacique avec des hêtres, des charmes, des chênes pédonculés. Une forêt dans une zone modifiée présente des bouleaux, des peupliers, des frênes.

Un autre document nous montre aussi que dans une zone non altérée, il y a beaucoup de géophytes bulbeux (jonquilles, narcisses) tandis que dans la zone altérée, il n’y en a presque plus.

VI. Oppidum de Lompret – perspectives

Recherches archéologiques

  1. Levé d’un plan microtopographique avec un GPS .
  2. Recoupement du 3e rempart et datation des trois remparts.
  3. Fonctionnement de la place forte avec trois remparts.
  4. Fouilles des marchets.
  5. La pédo et phytoarchéologie : méthodes prometteuses.

Grand public

  1. Étude de la gestion du site du point de vue patrimonial et touristique.
  2. À terme, constitution d’un sentier de randonnée des oppidums de la Calestienne et de l’Ardenne occidentale.

Texte rédigé par Léon Fassiaux, d’après le power point du conférencier.
N.B. La présentation PowerPoint de Monsieur Galoux est téléchargeable via le site
web du Forum.

 

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